Pourquoi j’ai manifesté mon père !

Non, cette note n’est pas une confession !

Cependant, peut-être que certains d’entre vous se sont posé cette question dont la réponse n’a, a priori, rien d’évident. En effet, pourquoi donc un informaticien n’ayant jusqu’alors jamais manifesté et qui ne verra de toute façon pas la couleur de la retraite avant 65 ou 67 ans, irait s’inquiéter de voir l’âge légal de départ à la retraite passer de 60 à 62 ans ? Serait-ce par pure philanthropie ? J’aimerais pouvoir l’affirmer, mais je crains que ce ne soit pour des raisons beaucoup plus personnelles et égoïstes :
Je crains pour l’avenir de notre (de ma) démocratie et de ses trois mamelles : la liberté, l’égalité et la fraternité.
Ouh là ! « Rien que ça » direz-vous !

Et je peux comprendre votre interrogation sceptique, mais il s’agit bien là de la raison qui m’a poussé à aller aux manifestations du 4 et 7 septembre (et à poser une journée de congé pour ce faire). Je vais donc essayer dans la suite de cet article2 d’exposer les fondements de mes craintes et de détailler les faits qui m’ont mis dans cet état d’esprit.

Il s’agit essentiellement d’actions du gouvernements qui sont pour moi :
  • des at­teintes à la li­ber­té,
  • des at­teintes à l’éga­li­té,
  • des at­teintes à la fra­ter­ni­té,
mais aussi des atteintes à ce qui m’apparaît comme les fondements de la démocratie et qui se traduisent par :
  • la vo­lon­té de contrôle des mé­dias,
  • la re­mise en cause de la sé­pa­ra­tion entre le pou­voir exé­cu­tif et le pou­voir ju­di­ciai­re,
  • l’ab­sence d’exem­pla­ri­té, ce qui contri­bue à dif­fu­ser un sen­ti­ment d’ar­bi­tra­ri­té de l’état sur le ci­toyen lamb­da.
Je puiserais de quoi argumenter sur ces points, à la fois dans les interventions publiques des membres du gouvernement et dans certains projets de loi qui ont été discutés ces derniers mois. Je parlerais sans surprise de la loi dite HADOPI (on devrait écrire HADŒPI) et vraisemblablement de la LOPSI, lois qui sont de près ou de loin liées à mon domaine professionnel. 

Voilà pour l’introduction. La prochaine note sera sur la loi HADOPI.



[1] Le « mon père » du titre est ve­nu de lui mê­me, par si­mi­li­tude avec le titre d’un ro­man de Roy Le­wis que j’avais lu avec beau­coup de plai­sir à l’époque : Pour­quoi j’ai man­gé mon père.
[2] et quelques au­­tres, car mon temps de ré­­dac­­tion reste mal­­gré tout li­­mi­­té.

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