France, pays des droits de l’homme…

Que nous sommes fiers de cette ap­pel­la­tion !

Qui n’a éprou­vé ce pe­tit fris­son sa­tis­fait en li­sant dans la presse ou dans un livre [1] l’ex­pres­sion connue et re­con­nue : « Fran­ce, pays des droits de l’hom­me… Ta, ta, ta ! ».

Les dis­cours de notre cher pré­sident y font par ailleurs am­ple­ment ré­fé­rence (voir les ré­sul­tats de la re­cherche « ­droits de l’hom­me » sur le site de l’Ély­sée) et cer­tai­ne­ment pas de ma­nière déso­bli­geante.

Aus­si, j’ai eu quelque sur­prise en li­sant le tweet de l’Ély­sée et le com­mu­ni­qué de presse as­so­cié, qui disent en sub­stance :

…[­Ben La­den a été tué] à la suite d’une re­mar­quable opé­ra­tion de com­man­do amé­ri­caine au Pa­kis­tan. …

Pour ces vic­ti­mes, jus­tice est faite. Ce ma­tin, la France pense à elles et à leurs fa­milles.

Je me per­met­trais juste de mettre en pa­ral­lèle l’ar­ticle 11 de la dé­cla­ra­tion uni­ver­selle des droits de l’homme :

Toute per­sonne ac­cu­sée d’un acte dé­lic­tueux est pré­su­mée in­no­cente jus­qu’à ce que sa culpa­bi­li­té ait été lé­ga­le­ment éta­blie au cours d’un pro­cès pu­blic où toutes les ga­ran­ties né­ces­saires à sa dé­fense lui au­ront été as­su­rées.

C’est as­su­mé. Ça n’a pas été re­pris et cor­ri­gé comme l’Ély­sée sait le faire lorsque les dis­cours op­por­tu­nistes de notre pré­sident vont trop loin (voir à pro­pos de la loi Ha­do­pi, une ana­lyse du dis­cours et de la dé­pèche AFP as­so­ciée et une ana­lyse du dé­men­ti de l’Ély­sée).

Voi­là, France pays des droits de l’hom­me, l’as­sas­si­nat est re­con­nu par ton pré­sident comme per­met­tant de rendre jus­tice. C’est as­su­ré­ment une vi­sion digne de la gran­deur que nous donne la dé­cla­ra­tion uni­ver­selle des droits de l’hom­me, et qui donne des pers­pec­tives in­té­res­santes à la so­cié­té fran­çaise.

Bref, tout va bien…

Dans le même re­gis­tre, la France a été condam­née par la CEDH pour :

Et quand la cours de cas­sa­tion ­dé­cla­re que la garde à vue à la fran­çaise n’est pas conforme à la conven­tion eu­ro­péenne des droits de l’hom­me, la France s’au­to­rise 6 mois  de non confor­mi­té en connais­sance de cause.

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