Journalisme, politique, mensonges et démocratie

« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » — Coluche
©sau­va­geon­ne, cc-­by_nc-­nd
Permettez-moi tout d’abord, de remercier la région PACA qui par son sous-équipement chronique en terme de transport en communPar exem­ple, la ligne SNCF Aix-­Mar­seille (36km entre deux villes qui consti­tuent une aire ur­baine  de plus d’un mil­lion six-­cent milles ha­bi­tants ) était il y a peu une voie unique non élec­tri­fiée. Elle est au­jour­d’hui par­tiel­le­ment dou­blée., me per­met chaque ma­tin d’écou­ter pen­dant une à deux heures la ra­dio dans l’am­biance pai­sible et bu­co­lique des em­bou­teillages pro­ven­çaux.

C’est dans ce cadre et en pleine affaire des Roms, lundi 6 septembre dernier, que j’écoutai le nouveau Patrick Cohen sur la matinale de France-Inter avec son invité, François Fillon.Ce dernier y a proféré un certains nombre de propos qui m’ont interpellés d’autant plus qu’ils ont été superbement ignorés de l’animateur. J’ai noté par exemple, l‘assimilation d’une évacuation d’un terrain à Lille avec les expulsions de Roms à la frontière et l’entretien de la confusion entre Roms et Roumains…

Je pense que c’est à cet instant que je me suis pour la première fois posé la question d’un possible impact négatif du journalisme sur la démocratie.

Jusqu’à maintenant, j’étais persuadé que le journalisme et son indissociable indépendance, sont indispensables à une bonne santé démocratique. Mais tout à coup je me suis rendu compte qu’il y a journalisme et journalisme.

En particulier, je ne peux pas imaginer un rôle positif dans la démocratie au journalisme épinglé par Coluche, qui contribue à la propagation d’erreurs, ou de mensonges proférés par nos homme politiques. « Des mensonges ? Comme-il y va » pensez-vous.

Je vais me permettre ici une toute petite énumération relevée ces dernières années :
Ceci étant dit, que peut-on faire ? Les journalistes n’auront que rarement les moyens de s’entourer des experts qui sauront réfuter à la seconde les chiffres imaginaires brandis par l’interviewé, qui se voit bien heureux d’avoir carte blanche pour débiter mensonges et petites erreurs qui feront douter les auditeurs.

Je vois deux solutions :
  1. in­ter­dire les émis­sions en di­recte et ne pu­blier que des émis­sions mon­tées et cor­ri­gées des chiffres pour les­quels la source est don­née,
  2. mettre en place un sys­tème d’ex­ter­na­li­sa­tion ou­verte  (­crowd­sour­cing), per­met­tant de re­mon­ter en temps-­réel, ou pres­que, les énor­mi­tés é­non­cées par les in­vi­tés des émis­sions en di­recte. Ce sys­tè­me, re­po­sant sur une large base de bé­né­voles et pas­sion­nés, per­met­trait aux jour­na­listes de re­bon­dir très ra­pi­de­ment après les va­ti­ci­na­tions de l’in­vi­té mais aus­si aux au­di­teurs de se faire ra­pi­de­ment une idée de la qua­li­té des pro­pos énon­cés.
La première est illusoire. Pour la deuxième, rien n’existe aujourd’hui à ma connaissance. Un futur billet appronfondira (ou pas) les limites du sujet.

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