France, pays des droits de l’homme…

Que nous sommes fiers de cette appellation !

Qui n’a éprouvé ce petit frisson satisfait en lisant dans la presse ou dans un livreJe re­pense par exemple au li­vre  « Le temps des Mi­racles »  de Anne-­Laure Bon­doux, que je vous conseille !
l’ex­pres­sion connue et re­con­nue :  « France, pays des droits de l’homme…Ta, ta, ta !  ». 


Les discours de notre cher président y font par ailleurs amplement référence (voir les résultats de la recherche « droits de l’homme » sur le site de l’Élysée) et certainement pas de manière désobligeante.


Aussi, j’ai eu quelque surprise en lisant le twit de l’Élysée et le communiqué de presse associé, qui disent en substance :
…[Ben Laden a été tué] à la suite d’une remarquable opération de commando américaine au Pakistan. …  
Pour ces victimes, justice est faite. Ce matin, la France pense à elles et à leurs familles.
Je me permettrais juste de mettre en parallèle l’article 11 de la déclaration universelle des droits de l’homme :
Toute per­sonne ac­cu­sée d’un acte dé­lic­tueux est pré­su­mée in­no­cente jus­qu’à ce que sa culpa­bi­li­té ait été lé­ga­le­ment éta­blie au cours d’un pro­cès pu­blic où toutes les ga­ran­ties né­ces­saires à sa dé­fense lui au­ront été as­su­rées
C’est assumé. Ça n’a pas été repris et corrigé comme l’Élysée sait le faire lorsque les discours opportunistes de notre président vont trop loin (voir à propos de la loi Hadopi, une analyse du discours et de la dépèche AFP associée et une analyse du démenti de l’Élysée).

Voilà, France pays des droits de l’homme, l’assassinat est reconnu par ton président comme permettant de rendre justice. C’est assurément une vision digne de la grandeur que nous donne la déclaration universelle des droits de l’homme, et qui donne des perspectives intéressantes à la société française.

Bref, tout va bien…

Dans le même re­gis­tre, la France a été condam­née par la CEDH pour :
Et quand la cours de cas­sa­tion ­dé­cla­re que la garde à vue à la fran­çaise  n’est pas conforme à la conven­tion eu­ro­péenne des droits de l’hom­me, la Fran­ce  s’au­to­rise 6 mois  de non confor­mi­té en connais­sance de cause.

Commentaires

Comments powered by Disqus