lundi 15 août 2011

Journalisme, politique, mensonges et démocratie

« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » — Coluche
©sauvageonne, cc-by_nc-nd
Permettez-moi tout d'abord, de remercier la région PACA qui par son sous-équipement chronique en terme de transport en communPar exemple, la ligne SNCF Aix-Marseille (36km entre deux villes qui constituent une aire urbaine de plus d'un million six-cent milles habitants ) était il y a peu une voie unique non électrifiée. Elle est aujourd'hui partiellement doublée., me permet chaque matin d'écouter pendant une à deux heures la radio dans l'ambiance paisible et bucolique des embouteillages provençaux.

C'est dans ce cadre et en pleine affaire des Roms, lundi 6 septembre dernier, que j'écoutai le nouveau Patrick Cohen sur la matinale de France-Inter avec son invité, François Fillon.Ce dernier y a proféré un certains nombre de propos qui m'ont interpellés d'autant plus qu'ils ont été superbement ignorés de l'animateur. J'ai noté par exemple, l'assimilation d'une évacuation d'un terrain à Lille avec les expulsions de Roms à la frontière et l'entretien de la confusion entre Roms et Roumains...

Je pense que c'est à cet instant que je me suis pour la première fois posé la question d'un possible impact négatif du journalisme sur la démocratie.

Jusqu'à maintenant, j'étais persuadé que le journalisme et son indissociable indépendance, sont indispensables à une bonne santé démocratique. Mais tout à coup je me suis rendu compte qu'il y a journalisme et journalisme.

En particulier, je ne peux pas imaginer un rôle positif dans la démocratie au journalisme épinglé par Coluche, qui contribue à la propagation d'erreurs, ou de mensonges proférés par nos homme politiques. « Des mensonges ? Comme-il y va » pensez-vous.

Je vais me permettre ici une toute petite énumération relevée ces dernières années :
Ceci étant dit, que peut-on faire ? Les journalistes n'auront que rarement les moyens de s'entourer des experts qui sauront réfuter à la seconde les chiffres imaginaires brandis par l'interviewé, qui se voit bien heureux d'avoir carte blanche pour débiter mensonges et petites erreurs qui feront douter les auditeurs.

Je vois deux solutions :
  1. interdire les émissions en directe et ne publier que des émissions montées et corrigées des chiffres pour lesquels la source est donnée,
  2. mettre en place un système d'externalisation ouverte (crowdsourcing), permettant de remonter en temps-réel, ou presque, les énormités énoncées par les invités des émissions en directe. Ce système, reposant sur une large base de bénévoles et passionnés, permettrait aux journalistes de rebondir très rapidement après les vaticinations de l'invité mais aussi aux auditeurs de se faire rapidement une idée de la qualité des propos énoncés.
La première est illusoire. Pour la deuxième, rien n'existe aujourd'hui à ma connaissance. Un futur billet appronfondira (ou pas) les limites du sujet.

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