mardi 3 mai 2011

France, pays des droits de l'homme…

Que nous sommes fiers de cette appellation !

Qui n'a éprouvé ce petit frisson satisfait en lisant dans la presse ou dans un livreJe repense par exemple au livre « Le temps des Miracles » de Anne-Laure Bondoux, que je vous conseille !
l'expression connue et reconnue : « France, pays des droits de l'homme…Ta, ta, ta !  ». 


Les discours de notre cher président y font par ailleurs amplement référence (voir les résultats de la recherche « droits de l'homme » sur le site de l'Élysée) et certainement pas de manière désobligeante.


Aussi, j'ai eu quelque surprise en lisant le twit de l'Élysée et le communiqué de presse associé, qui disent en substance :
…[Ben Laden a été tué] à la suite d'une remarquable opération de commando américaine au Pakistan. …  
Pour ces victimes, justice est faite. Ce matin, la France pense à elles et à leurs familles.
Je me permettrais juste de mettre en parallèle l'article 11 de la déclaration universelle des droits de l'homme :
Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées
C'est assumé. Ça n'a pas été repris et corrigé comme l'Élysée sait le faire lorsque les discours opportunistes de notre président vont trop loin (voir à propos de la loi Hadopi, une analyse du discours et de la dépèche AFP associée et une analyse du démenti de l'Élysée).

Voilà, France pays des droits de l'homme, l'assassinat est reconnu par ton président comme permettant de rendre justice. C'est assurément une vision digne de la grandeur que nous donne la déclaration universelle des droits de l'homme, et qui donne des perspectives intéressantes à la société française.

Bref, tout va bien…

Dans le même registre, la France a été condamnée par la CEDH pour :
Et quand la cours de cassation déclare que la garde à vue à la française n'est pas conforme à la convention européenne des droits de l'homme, la France s'autorise 6 mois de non conformité en connaissance de cause.